La chute des cours du pétrole ces dernières semaines va-t-elle profiter aux voyageurs ? Si ces dernières heures, le pétrole est reparti à la hausse en raison des nouvelles frappes américaines autour du détroit d’Ormuz, on est encore loin des niveaux connus pendant la crise. Dans le sillage des carburants, le kérosène a donc également baissé. Toutefois, cela ne veut pas dire que les prix des billets d’avion vont baisser aussi vite. Pour éviter les mauvaises surprises, les compagnies aériennes sécurisent en effet une partie de leurs achats grâce à des contrats de couverture.
Et si la chute du carburant pour les avions devrait atteindre 25%, on en est encore loin. «Certes, aujourd’hui, les cours du kérosène ont baissé, mais les compagnies aériennes volent avec un kérosène qu’elles ont acheté parfois à l’avance, c’est le principe de la couverture carburant, c’est-à-dire des prix garantis à l’avance», explique à BFM Arnaud Aymé, directeur général France et consultant transport Sia Partners. Il ajoute que quand les prix baissent, «au début, la compagnie aérienne continue à acheter le carburant à un prix élevé et ne change pas le prix de son billet».
Il n’y a donc aucune raison, pour l’instant, de voir des billets d’avion vendus moins cher. D’autant que les compagnies aériennes n’ont aucun intérêt à baisser leurs prix. Car malgré des tarifs en hausse de 20% depuis le printemps, dans le même temps, les réservations pour l’été se poursuivent : +6% dans le monde sur un an. Donc elles surfent sur la vague, et elles doivent reconstituer leurs marges.
«Elles ont gagné beaucoup moins d’argent au premier semestre à cause de la crise en Iran. Or, elles ont besoin de gagner de l’argent pour renouveler leur flotte d’appareils (et ainsi) reconstituer leurs marges», précise Arnaud Aymé. D’ici la fin de l’année, le trafic européen devrait d’ailleurs encore progresser (+2,8%), ce qui n’incite évidemment pas les compagnies à baisser leurs prix. A noter que certaines ont dû arrêter des routes, pas assez rentables.
Interrogé par BFM Business, l’analyste aéronautique et directeur général d'AeroDynamic Advisory, Richard Aboulafia, fait un constat simple : «La situation est plutôt bonne, le trafic a peut-être légèrement baissé, mais pas les bénéfices. Alors, pourquoi changer?» Dans ce contexte, JP Morgan s’attend à ce qu’Air France dépasse les attentes au deuxième trimestre. Son objectif de cours est déjà relevé de 6% à 16 euros.
2026-07-08T15:40:10Z